Une partie du site a été traduite en français. On se contentera de vous offrir les informations les plus importantes sur l'artiste et son travail, vue que les oeuvres elles-mêmes n'ont pas vraiment besoin d'être traduites.

 

Elke Matthijs est née en Belgique,  à Louvain,  en 1978. Elle termine ses études de sculpture à l'école des Beaux-Arts Sint-Lukas de Bruxelles en 2001.
Elle s'exprime moyennant différentes matières et disciplines, mais cependant elle se considère davantage sculpteur.

Dans une première période son oeuvre était une reproduction de thèmes cycliques et universels, contrairement à ses dessins et ses peintures dans lesquelles elle assimilait, et assimile toujours, des situations quotidiennes. Elle fabriquait des grands ouvrages, principalement en métal soudé et forgé.
'La Femme' et 'la protection' jouaient un rôle primordial dans son travail. On apercevait toujours une tension entre conscient et inconscient, entre la réalité objective et subjective, entre simplicité et ambiguïté, et entre la beauté et la cruauté. Elle utilisait souvent des matières contrastantes en interaction: le métal forgé qui cernait de la laine ou des plumes. C'était l'expression des souvenirs gardés à son séjour  en tant que jeune adolescente au Rwanda de 1990 à 1993.

L' oeuvre  actuelle d'Elke part de nombreux croquis sur des d'événements quotidiens. Les croquis sont retravaillés en dessins et peintures et certains sont digérés et remâchés jusqu'à ce que l'essentiel se fasse couler en bronze. Toujours la femme reste primordiale, la femme en relation avec elle-même ou son entourage. Un instant agrandi d'une situation apparemment banale, saisi en bronze: la joie d'une femme et ses chiens en promenade, des gens marchant les épaules levées sous la pluie perpétuelle,  le partage agréable d'un repas,…Ce sont des moments de relation profonde avec soi-même, autrui ou avec la nature. Ce sont des moments qui expriment des vrais sentiments qui surgissent spontanément. Les sculptures entrent aussitôt en contact avec le spectateur parce que ces sentiments sont reconnus tout de suite, consciemment ou inconsciemment. On éprouve une connexion sensorielle, presque nostalgique, avec ce qui importe vraiment dans notre vie: l'unification intense avec nos actions. La fragilité de ces moments chers s'exprime nettement par l'usage subtil, extrêmement mince du bronze.

Elke: 'Je pourrais dire que la création d'art est ma passion, du matin au soir. Je dessine avec n'importe quoi. Des piles de carnets de croquis attendant à être achevés en dessins ou en peintures. Les mains me démangent sans cesse à travailler. Souvent je commence avec des croquis réalistes, pris sur le vif. L'inspiration et les sujets surgissent de mon entourage direct. Ce sont les choses qui sont fort touchantes, qui durent et qui ont un sens pour moi. Après,  je mets le sujet dans un contexte différent. Je dévie et j'ajoute des formes et des proportions exagérées. Davantage j'essaie de capturer la nature et l'esprit de ce que je veux exprimer. Avec mes ouvrages, je vise aussi un engagement social. La relation perturbée entre l'homme et l'animal ou entre l'homme et la nature, l'émancipation de la femme, et le respect pour le plus faible, sont des thèmes souvent répétés. Mon oeuvre est stratifiée et se prête à plusieurs significations. J'ai fait l'expérience que les spectateurs ont l'intention de comprendre et par conséquent j'essaie de donner un avis par le choix du titre. Tout de même je considère l'interprétation libre de l'observateur très important. Je pense que l'art devrait ouvrir l'esprit. Qu'il devrait avoir en vue de nous tirer de la routine et du superficiel, qu'il devrait toucher et confronter. L'art devrait éveiller et stimuler à vivre, pousser à s'engager dans un sentier inconnu. J'espère cependant que mon oeuvre va amener à penser et sentir et aidera le spectateur à se rapprocher de lui-même.'